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Conjonction Pragoise
Conjonction Mars Saturne sur les hauteurs de Petrin, à Prague. La Lune s'est invitée dans cette composition qui marque les derniers jours de l'été tchèque. Soirée passée à Letna avec le 6d pas encore défiltré.

LA DERNIERE PHOTO ASTRO



California - ngc1499
Premiers shoots avec le nouveau Eos 6d fraichement reflitre Astrodon. Ce 26 septembre a ete l'occasion de le tester dans tous les sens avec le 300L f/4 :)
- 31 poses de 2 minutes
- 6d a 3200iso
- EM10 usd3 sans guidage
- Champ du Feu

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12h au CDF, ou l'entreprise philosophique des petits hommes de la nuit

24 Janvier 2013 par Thomas Arouet

 Lever les yeux au ciel...
Quitter le sol du regard, l'assurance du familier, le paysage d'un monde limité.
Porter son esprit vers la nuit, où l'immense règne sans partage, où les sombres lumières du passé emprisonnent nos pensées.
S'élever à la curiosité, se tourner vers les songes, lever les yeux au ciel...


 En cette nuit de septembre, les rayons du soleil couchant apportent encore quelque hypothétique chaleur aux astrams du Champ du Feu. Le grand parking de la Serva est pratiquement plein, véhicules d'un côté, matériels de l'autre, tels une immense parade immobile. Les Hommes du soir sont venus en nombre pour célébrer la noirceur fragile de la nuit. Il y a là Thierry, Richard, Thomas et Lucien, Martial, Vincent, Sandra et Gilles, Joël, Matthieu, Pierre et Bruno... et tous les autres. Tous sont prêts à l'accueillir. Ils vont la fêter à leur manière. Certains en capturant les photons voyageurs dans leurs caméras et autres matériels électroniques, d'autres en imprégnant leurs rétines de souvenirs lointains, et d'autres encore en chantant l'ode à la nuit aux sons des bulles de Champagne dans des verres de cristal. Qu'ils soient français ou étrangers, hommes, femmes ou enfants, petits ou grands, chrétiens, juifs ou musulmans, ils se sont tous retrouvés pour partager une bien singulière activité: lever les yeux au ciel.
La nuit sera courte pour certains, longue pour d'autres, chaude ou froide, dense en émotions ou plus calme. Mais pour tous elle sera l'occasion de laisser s'exprimer leur curiosité, s'évader leur esprit et offrir de la grandeur à leur humanité.


Il y a une certaine similitude à regarder le ciel et à le photographier. Dans les deux cas, les photons sont capturés, sur la rétine ou sur un capteur. Mais la méthode diffère. L'éphémère et le souvenir pour les uns, le durable et le concret pour les autres. Quoi qu'il en soit, monter un télescope ou un lunette sur une monture et le (la) pointer vers le ciel exacerbe le fait simple de lever les yeux. Mais il s'agit dans les deux cas d'un acte philosophique. Un acte d'ouverture, de curiosité et d'intérêt qui s'inscrit dans une démarche personnelle intérieure mais aussi dans une démarche collective et historique, dans la lignée de nos savants d'autrefois. Un acte de vie aussi; cette ouverture en suppose une conscience certaine. Victor Hugo a dit: "Bien lire l'univers, c'est bien lire la vie", présentant le ciel comme un livre ouvert sur nous-mêmes. Regardons loin dans l'espace pour mieux nous comprendre. Les astrams sont de grands lecteurs !

La curiosité reste la même mais celle-ci s'exprime avec des moyens différents selon les personnes, les époques ou les envies. Un télescope pointé vers le ciel marque un lien matériel entre le bas et la haut, entre le sol et le ciel, entre la Terre et l'espace. Il est ce passage philosophique entre la condition humaine et ce qui la dépasse. Nous nous accrochons au connu sur Terre, aux arbres, aux rivières, à un champ visuel limité et familier dans sa construction, aux relations humaines... En levant notre regard vers le ciel nocturne, notre esprit s'évade, nos pensées prennent de la hauteur, notre condition d'Hommes se fait toute petite. Et nous sommes soudain prisonniers de songes, happés dans les geôles du temps qui passe, spectateurs du passé et du futur. Comment matérialiser ce qui nous échappe ? Difficile...

La ferveur des premières heures a laissé place à un silence léger, où la concentration des uns rivalise avec l'exaltation des autres. La nuit est bien là à présent, profonde comme un abîme pointé vers le ciel. Elle est noire. La voie lactée illumine de mille feux les yeux qui la contemplent. La constellation du Cygne domine ce paysage des Vosges, supposant quelque aura protectrice aux astrams qui s'affairent. Tous sont encore présents. L'ode au sombre de la nuit entendu en début de soirée reprend quelques notes, en LA majeur cette fois-ci. Les bonnets ont pris place sur les têtes. Une fraîcheur venue du sol aide à emporter les rêves de chacun, les tenant délicatement et les déposant sous les étoiles. Tous se vêtissent d'habits chauds afin d'affronter leurs situations immobiles.

Malgré les connaissances modernes en matière de physique, de chimie, de biologie ou de mathématiques, rien ne nous permet d'expliquer, ou même d'exprimer, notre conscience, personnelle ou collective, au sein de cet immense inconnu, dont nous ne sommes même pas le centre ! Nous tournons sur nous même, puis autour du Soleil, perdus dans un système complexe qui nous fait perdre nos repères de terriens. Cependant, nous avons suffisamment de connaissances pour entrevoir quelques explications sur les pourquois des comments. Ce que n'avaient pas nos ancêtres. Nous comprenons dès lors aisément leur besoin de se raccrocher aux divins, qu'ils eussent été théistes, déistes, agnostiques ou même animistes. Un Dieu, qu'il soit Soleil, cavalier ou immatériel, saurait peut-être expliquer que nous vivons malgré une probabilité de vie tellement proche de zéro... Dans Les Cabales, Voltaire dit: "L'univers m'embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger"

Les connaissances de l'homme, exprimées dans la science, rejoignent ses croyances sur les bases fondamentales de la formation de l'univers et de la Terre. Disons par là que, toutes les sciences, de Darwin à Einstein, en passant par Kepler ou Hubble et toutes les croyances, avec Dieu, Allah, Yahvé ou Bouddha convergent vers un point unique, flou et précis, humain et universel: la philosophie. Elle est donc ce lien entre tout ce qui nous dépasse, là où notre imagination nous mène, où nos songes nous transportent, là où nos rêves se réalisent.

Pensez amis savants; vous êtes philosophes !
Croyez camarades religieux; vous êtes philosophes !
Observez cousins astrams; vous êtes philosophes !

Installez vos instruments sous les étoiles, compagnons de la nuit ! Sortez vos jumelles, vos calepins et vos crayons ! Vous êtes philosophes et conscient du monde qui vous entoure. Continuez à braver le froid, l'altitude, les incertitudes météo... Que vous soyez blancs, noirs, rouges, jaunes ou verts, enfants ou adultes, dévots ou impies, soyez philosophes...
... levez les yeux au ciel !

L'aube pointe. Les dernières étoiles partent se coucher, léchant l'horizon d'une caresse amicale. Les aurores sublimes de ce nouveau jour montrent à chacun que les choses les plus belles s'inscrivent dans l'éphémère. Quelques lueurs timides apparaissent sur les sommets. Certains sont partis, d'autres rassemblent leur matériel, les derniers bavardent. Ils ont tous l'âme pleine et le sourire rêveur. La nuit a été belle, sombre et profonde. Les souvenirs, les photos et les chants de chacun rappellent à tous ce qu'a dit Guillaume Apollinaire: "Il est grand temps de rallumer les étoiles."